Le bio en mutation
Après des années d’essor, l’agriculture biologique accuse le coup. En 2024, les surfaces en bio reculent
et les consommateurs se détournent partiellement des produits labellisés. Quelles solutions s’offrent
aux producteurs pour maintenir leur activité et rester compétitifs ?
Mais cette stabilité a ses limites : la grande distribution recule, tandis que les circuits spécialisés et la vente directe peinent à compenser. Les causes de ce ralentissement sont multiples : l’inflation a érodé le pouvoir d’achat des ménages, poussant certains consommateurs à délaisser les produits bio perçus comme plus chers. De plus, les producteurs font face à une hausse des coûts de production, à des marges plus faibles et à une incertitude sur les débouchés. Dans certaines régions, la déconversion – l’abandon du label bio – progresse, faute de rentabilité.
Des alternatives innovantes
Face à cette conjoncture, plusieurs leviers peuvent permettre aux producteurs de rebondir. Optimiser les coûts techniques et mutualiser certains investissements via des coopératives ou des CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole) reste une première étape. La diversification des cultures, l’agroforesterie ou l’intégration d’animaux renforcent aussi la résilience des systèmes. La valorisation différenciée – via des circuits courts, des labels territoriaux ou la transformation à la ferme – permet de capter plus de valeur ajoutée. En arboriculture, la production de variétés oubliées crée également des niches commerciales. Enfin, il est essentiel de s’appuyer sur les aides publiques existantes et de se regrouper pour peser sur les politiques locales, notamment pour favoriser l’achat public de bio. Malgré les incertitudes, les producteurs conservent des leviers d’action pour adapter leurs pratiques, renforcer leur résilience et valoriser leur production.
Sources : www.agencebio.org
