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Auxiliaires de cultures :

des alliés techniques
à manier avec précision

Longtemps cantonnés à des usages de niche, les auxiliaires de culture occupent aujourd’hui une place croissante dans les stratégies de protection des cultures. Insectes, prédateurs, parasitoïdes, acariens utiles ou nématodes : leur efficacité progresse, portée par des innovations techniques et une meilleure maîtrise des conditions de mise en œuvre. A condition toutefois de respecter certains fondamentaux.

Auxiliaires de cultures : des alliés techniques
à manier avec précision

Longtemps cantonnés à des usages de niche, les auxiliaires de culture occupent aujourd’hui une place croissante dans les stratégies de protection des cultures. Insectes, prédateurs, parasitoïdes, acariens utiles ou nématodes : leur efficacité progresse, portée par des innovations techniques et une meilleure maîtrise des conditions de mise en œuvre. A condition toutefois de respecter certains fondamentaux.

En une dizaine d’année, la filière s’est structurée. Production plus industrialisée, logistique fiabilisée, doses de lâcher mieux calibrées : les auxiliaires sont devenus des outils utilisables à grande échelle, y compris en grandes cultures. Mais leur fonctionnement reste radicalement différent de celui d’un produit phytosanitaire.

Un auxiliaire n’agit jamais seul. Il interagit avec la météo, le stade de la culture, l’écosystème environnant et les pratiques de l’exploitant. Plus qu’une solution clé en main, il s’agit d’un levier technique, dont l’efficacité dépend étroitement du contexte.

Anticiper plutôt que rattraper

Le facteur déterminant reste le timing. Les auxiliaires doivent être introduits avant que les populations de ravageurs ne s’installent durablement. Une fois la reproduction engagée, les ennemis peinent à reprendre le dessus.

Les retours de terrain sont clairs : les stratégies qui fonctionnent reposent sur une observation régulière des cultures. Piégeage, observation des feuilles, comptages rapides permettent d’intervenir au moment opportun et d’augmenter significativement les chances de réussite.

Les 3 erreurs les plus fréquentes

  1. Lâcher trop tard. Quand les ravageurs sont déjà installés, les auxiliaires n’arrivent pas à rattraper le décalage.
  2. Utiliser un traitement incompatible juste avant ou après. Certains produits réduisent la survie des auxiliaires pendant plusieurs jours.
  3. Oublier l’habitat. Sans refuges ni pollen, les auxiliaires se dispersent rapidement ou disparaissent.

Une stratégie globale, pas une solution isolée

Dans la pratique, les auxiliaires s’inscrivent rarement seuls dans l’itinéraire technique. Leur efficacité est renforcée lorsqu’ils sont associés à une fertilisation maîtrisée, à la couverture du sol, à la gestion du microclimat ou encore au choix variétal. Ils peuvent également être combinés à d’autres solutions de biocontrôle.

A l’inverse, certains traitements phytosanitaires, même homologués, peuvent compromettre leur installation en réduisant leur survie ou leur mobilité. La question n’est donc pas de choisir entre auxiliaires et produits, mais d’identifier les bons outils, au bon moment, afin d’assurer leur comptabilité.

Combien ça coûte ?

Selon le ministère de l’Agriculture, un programme de lutte biologique coûte environ 256,98 € par hectare pour trois lâchers. Après prise en compte des économies sur les traitements chimiques, le coût net estimé est d’environ 118,15 € par hectare par an.

Un levier économique de plus en plus crédible

Autrefois perçus comme coûteux, les auxiliaires montrent aujourd’hui un intérêt économique croissant. L’optimisation des lâchers, la réduction de passage de traitement, l’amélioration de la qualité visuelle an arboriculture ou en cultures légumières, ainsi qu’une moindre dépendance aux intrants chimiques, renforcent leur attractivité.

Cet avantage est particulièrement marqué dans les filières soumises à des cahiers des charges exigeants (HVE, agriculture biologique, export), où la maîtrise des résidus est devenue un critère commercial à part entière.

Vers une protection plus résiliente

Avec l’expérience, de nombreux agriculteurs constatent que les auxiliaires peuvent s’installer durablement sur l’exploitation, à condition de leur offrir des habitats favorables et des pratiques cohérentes. La pression des ravageurs diminue alors progressivement, signe d’un écosystème plus équilibré.

Aujourd’hui, le biocontrôle s’impose comme pilier de la protection intégrée. Et à mesure que les connaissances progressent, les résultats gagnent en régularité.

Quelles sont les espèces
les plus utilisées aujourd’hui ?

  • Le trichogramme permet de lutter contre les lépidoptères du maïs, de la vigne et des arbres fruitiers.
  • Le phytoseiulus persimilis se révèle redoutable contre les acariens en cultures légumières.
  • L’encarsia formosa est une référence pour contrôler les aleurodes en serre.
  • La coccinelle et la chrysope sont polyvalentes et bien adaptées au traitement des foyers localisés.