Recrutement
Recruter dans la vigne,
le pari du temps long
À Reuilly dans l’Indre, Pascal Dethune, vigneron du domaine Cordaillat, a fait le choix de faire appel au GEIQ Viti Nièvre et Cher pour sécuriser le recrutement d’Éliot Bruzeau, jeune salarié en CDI fraîchement arrivé sur l’exploitation. Récit d’un pari réussi, sans occulter les difficultés.
Un recrutement difficile, même hors viticulture
Dans cette commune rurale, le problème du recrutement n’est pas spécifique à la vigne.
« On a pu notamment faire des speed dating avec France Travail, on a vu passer des profils très variés. La motivation est souvent là au départ, avec la perspective de travailler dehors, mais le métier peut être dur, avec des conditions météorologiques parfois compliquées… Tout le monde ne tient pas ! », raconte Pascal Dethune, vigneron à la tête de 17 hectares.
À cela s’ajoute une contrainte propre au territoire : le permis de conduire, indispensable sur une exploitation viticole.
Un bassin en tension
Avec un secteur qui recrute — environ 4 à 5 hectares de vignes plantés par an sur le bassin de Reuilly-Quincy — le besoin en main-d’œuvre est croissant. « Nous suivons le rythme de la vigne et des saisons. À ce titre, les travaux sont très variés, bien souvent réalisés en équipe. La taille de la vigne, opération technique, est un enjeu majeur sur la bonne santé des pieds de vigne et donc de production. Avoir son propre personnel permet de sécuriser la qualité de la taille. »
Le GEIQ, un outil de recrutement qualitatif
C’est dans ce contexte que Pascal Dethune a choisi de tester le GEIQ Viti Nièvre et Cher. « Ils connaissent vraiment les métiers de la vigne. La sélection est plus pointue et surtout, le jeune est accompagné tout au long du contrat. »
En 2024, il fait la connaissance d’Eliot Bruzeau, alors âgé de 21 ans, qu’il a l’occasion de tester lors des vendanges.
Un parcours de reconversion réussi
« Je venais d’un DEUST animation et sport mais je m’y retrouvais plus. J’ai vu une offre en viticulture un peu par hasard. J’aimais l’idée de travailler dehors », sourit le jeune salarié.
Débutant à son arrivée, Eliot a enchaîné les apprentissages : taille, ébourgeonnage, travail du sol, conduite d’enjambeur, vinification… Son contrat de professionnalisation a duré 14 mois, avec 413 heures de formation — trois jours en entreprise et deux jours en centre de formation.
« J’aime beaucoup l’esprit d’équipe. On ne fait jamais la même chose. »
Le temps, l’accompagnement, l’exigence
Aujourd’hui, Eliot se projette et se sent comme s’il travaillait sur l’exploitation depuis de longues années. Un recrutement réussi, où le temps, l’accompagnement et l’exigence ont su faire la différence.
